Le Tribunal Suprême espagnol vient de rendre son verdict dans le procès intenté au président catalan Quim Torra (Junts per Catalunya) pour avoir refusé de retirer du Palau de la Generalitat la banderole de soutien aux prisonniers politiques et exilés catalans, alors que la Commission électorale centrale de Madrid le lui demandait, au nom de la « neutralité des institutions » en période électorale.
Cette inhabilitation s’accompagne d’une peine de prison d’un an et demi et de 30 000 euros d’amende.  

À nouveau, la justice espagnole s’en prend aux libertés fondamentales et à l’autonomie du peuple catalan, en inhabilitant pour la première fois un président catalan en exercice. Il s’agit du troisième président consécutif de la Catalogne à être victime de la répression de l’État espagnol après Artur Mas et Carles Puigdemont. Selon toute vraisemblance, c’est le Vice-président Père Aragonès (ERC) qui sera chargé d’assurer l’intérim jusqu’à de nouvelles élections en début d’année 2021. Il semble en effet peu probable qu’un candidat alternatif soit en capacité d’obtenir la majorité des voix au Parlament, tant dans le camp indépendantiste que du côté des espagnolistes. 
Mais la répression espagnole avait décidée de frapper plus fort encore, et Quim Torra n’est pas le seul indépendantiste catalan condamné aujourd’hui. En effet, alors même que le Tribunal Suprême annonçait la sentence contre le président, l’ex-conseiller municipal de Saint Joan de Vilatorrada Jordi Pesarrodona (ERC), connu pour s’être tenu avec un nez de clown à côté d’un guardia civil alors que les forces espagnoles occupaient le ministère de l’économie catalan le 20 septembre 2017, était lui aussi condamné à 14 mois d’inhabilitation pour avoir participé à l’organisation du référendum du 1e octobre 2017. Tamara Carrasco, la militante des CDR accusée à tort de terrorisme et emmenée de force à Madrid par la Guardia Civil en 2018, avant que les accusations ne soient retirées, devait elle aussi comparaître devant le Tribunal Suprême de Justice de Catalogne (TSJC), qui l’accuse cette fois d’avoir donné des consignes de mobilisation après le verdict du procès du référendum et la condamnation des politiques catalans inculpés. Enfin, le Tribunal Suprême a confirmé son refus de donner les accréditations aux députés européens catalans Carles Puigdemont et Toni Comin, allant ainsi à l’encontre de la décision du Tribunal de Justice de l’UE et alors que ceux-ci siègent à Strasbourg depuis plusieurs mois déjà. 
À quelques jours du troisième anniversaire du référendum d’autodétermination du 1e octobre 2017, il semble que l’État espagnol ait décidé de mettre à nouveau de l’huile sur le feu, par l’intermédiaire de la répression judiciaire. Face à ces provocations, l’ANC, Omnium Cultural avaient dès hier soir appelé à la mobilisation, avec la convocation de manifestations devant les mairies. Les CDR (Comités de défense de la République –catalane-) avaient quant à eux organisé une manifestation à Barcelone qui a réuni plusieurs milliers de personnes et a réussi à franchir les grilles du Parc de la Ciutadella, à l’intérieur duquel se trouve le Parlament.  

Au lendemain de la suspension du président, la mobilisation ne semble pas faiblir. Alors que Quim Torra a fait appel de la décision, les CDR, après plusieurs actions ce matin devant les bâtiments judiciaires espagnoles, ont à nouveau appelé à manifester à 19h à Barcelone.
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