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Dissabte, 01 Junh 2019 15:40

Blas Infante, le père de la patrie andalouse.

Blas Infante naquit dans la ville andalouse de Casares (Malaga), le 5 juillet 1885 et mourut assassiné par la Phalange lors du soulèvement militaire de 1936. Il fut accusé "d'avoir participé à une candidature de tendance révolutionnaires entre 1931 et 1936 et s'être fait remarquer comme propagandiste d'un  parti andalousiste ou régionaliste andalou", selon les termes de sa condamnation qui sera rendue... quatre ans après sa mort.

Blas Infante a grandi dans un village de journaliers agricoles au sang mauresque andalous. Le Père de la Patrie Andalouse fut témoin de la faim dans les rue de son village, et sentit le poids de la pauvreté de son pays : "J'ai, gravée dans ma conscience depuis l'enfance, la vision sombre du journalier. Je l'ai vu promener sa faim par les rues du village".

De 1896 à 1900 il fut interne dans un collège religieux dans la ville d'Archidona, mais à 15 ans le jeune Blas dût interrompre  ses études pour travailler comme auxiliaire dans le tribunal de paix de sa ville. 

Le désastre de Cuba [la perte de l'île, l'une des dernières colonies espagnoles, au terme d'une guerre contre les États-Unis en 1898] toucha fortement l'industrie madrilène et catalane et le gouvernement central n'eût comme remède que de créer des colonies intérieures comme l'Estrémadure et l'Andalousie. 

Jusqu'en 1904 il ne reprit pas ses études, l'effort de ses parents pour l'éducation et la formation de leurs enfants les mènera définitivement à la ruine, comme en témoignent les lettres que leur envoyait leur mère et qui sont encore conservées dans la maison de Coria del Rio.

Blas poursuivit ses études à Grenade au cours de deux années très difficiles où il étudia le droit et un peu de philosophie. C'est là qu'il entra en contact avec un autre ingrédient de son futur nationalisme andalou : la culture médiévale musulmane d'Al-Andalus.

À 24 ans déjà il est notaire, mais malgré cela il ne cesse d'étudier plus profondément la culture andalouse ; il essaie de s'immerger dans la racine même de l'Andalousie, il exerce comme notaire à Cantillana ; et il fréquente l'Athénée de Séville où il entend pour la première fois le discours andalousiste prononcé par Mario Méndez Bejarano, prenant ainsi conscience que l'Andalousie était loin d'être morte.

Blas Infante, au fil du temps, radicalise sa position andalouse ; passant du régionalisme lors l'Assemblée de Ronda (1918) au nationalisme à l'Assemblée de Cordoue (1919). Il en vient à réclamer la pleine indépendance de l'Andalousie, proclamant : "Refusons la représentation
d'un État qui nous déshonore (...) Déclarons-nous séparatistes de cet État (...) qui nous disqualifie devant notre propre conscience et devant la conscience des peuples étrangers. Ayons honte de l'avoir supporté si longtemps et condamnons-le au mépris". Ce Blas Infante avait très peu à voir avec celui qu'on nous présente aujourd'hui, totalement défiguré et édulcoré.

Infante avait également fait sienne une citation de Ganivet : "Il y a plutôt deux nations dans la péninsule : l'une au nord, l'Espagne, l'autre au sud, Andalousie".

Blas Infante commence à sympathiser avec l'anarchisme, c'est pour cela que l'hymne national de l'Andalousie, dont il a lui-même écrit les paroles, dit : "Andalous, levez-vous ! Demandez la terre et la liberté !". Ce sont là des phrases puissantes et inhabituelles dans les hymnes de ce genre.

Blas Infante se marie et déménage à Séville où il fonde la maison d'édition et la bibliothèque "AVANTE", dans lesquelles il publiera certaines de ses œuvres ; mais en raison de la dictature de Primo de Rivera, les activités andalousistes sont suspendues. Il a transfère alors son étude de notaire de Cantillana à Isla Cristina sur la côte de Huelva, où il s'installe fin 1923.

À la fin de la dictature, il se déplace sa charge de notaire à Coria del Rio, à Séville, et durant la Seconde République il constitue l'Assemblée libéraliste d'Andalousie. Les 29, 30 et 31 janvier 1933, le Conseil provincial de Séville convoque une assemblée de toutes les municipalités et conseils provinciaux pour la discussion définitive d'un avant-projet de base ; avec pour secrétaire José Andrés Vázquez. Le Père de la Patrie andalouse forme la même année, en novembre, une candidature électorale avec Eduardo Ortega et Gasset pour la circonscription de Malaga, où il se présente comme andalousiste indépendant.

À la demande de la Fédération des municipalités andalouses, un Conseil d'Action andalousiste a été constitué en 1934 ; à l'issue duquel sera formée une Commission pour le Statut [d'autonomie] chargée de promouvoir le projet approuvé par l'Assemblée de Cordoue.

En 1936, après les élections de février, la campagne andalouse pour l'autonomie s'intensifie encore davantage. Blas Infante est proposé à la présidence de la nouvelle Assemblée, tenue le 6 juillet ; et la semaine suivante, à Cadix, a lieu au Conseil provincial une grande réunion de toutes les localités de la province, suite à laquelle est solennellement hissé le drapeau national de l'Andalousie au fronton de la mairie de Cadix. Après cet évènement, il fait un discours à Jerez de la Frontera ; et le 14 juillet à Séville est répétée la même cérémonie, hissant également le même drapeau sur l'hôtel de ville sévillan ; tandis que l'hymne de l'Andalousie, composé par le maître Castillo sur une idée musicale d'Infante, est joué pour la première fois par l'orchestre  municipal à 7 heures le vendredi 10 Juillet 1936, c'est-à-dire 8 jours seulement avant le début de la "Guerre incivile", comme l'appellera le Père de la Patrie andalouse. 

Lorsque la guerre éclate, Blas Infante reste du 18 juillet 1936 jusqu'au 2 août à son domicile de Coria ; où il est arrêté et emmené comme un délinquant dans une caserne de la Phalange installée dans le bâtiment de la Chambre d'Agriculture rue Trajano à Séville. Il y passe 48 heures jusqu'à son transfert dans une prison improvisée installée dans le cinéma Jauregui.

Le 10 août, presque à l'aube, il est conduit jusqu'au kilomètre 4 de la route de Carmona, au  bord du vieux verger du couvent des Clarisses, et y est abattu sans pitié en application de la loi de guerre qui n'était finalement qu'une nouvelle version de la loi de fuite [pratique d'exécution sans jugement des "brigands" - bandoleros - andalous au 19e siècle, similaire à la "corvée de bois" française en Algérie : le détenu est emmené dans la nature et laissé s'éloigner suffisamment pour pouvoir invoquer une tentative de fuite, et à ce moment-là abattu].              

Blas Infante tombe au sol, après avoir crié deux fois.

 

L'hymne andalou, à noter que les indépendantistes remplacent Espagne par peuples.

Texte original5 Traduction
   

La bandera blanca y verde
vuelve, tras siglos de guerra,
a decir paz y esperanza,
bajo el sol de nuestra tierra.

¡Andaluces, levantaos!
¡Pedid tierra y libertad!
¡Sea por Andalucía libre,
España y la Humanidad!

Los andaluces queremos
volver a ser lo que fuimos
hombres de luz, que a los hombres,
alma de hombres les dimos.

¡Andaluces, levantaos!
¡Pedid tierra y libertad!
¡Sea por Andalucía libre,
España y la Humanidad!

Le drapeau blanc et vert
revient, après des siècles de guerre,
exprimer la paix et l'espérance,
sous le soleil de notre terre.

Andalous, levez-vous !
Demandez la terre et la liberté !
Pour l'Andalousie libre,
l'Espagne et l'Humanité.

Nous, les Andalous, voulons
redevenir ce que nous avons été,
des hommes éclairés qui, aux hommes,
avons donné une âme d'hommes.

Andalous, levez-vous !
Demandez la terre et la liberté !
Pour l'Andalousie libre,
l'Espagne et l'Humanité.

 

 

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L'annexion de l'Occitanie par la France a commencé il y a un peu plus de 800 ans par la conquête militaire de l'Occitanie centrale. Sous prétexte qu'une hérésie s'y était développée, Rome et Paris imposèrent une croisade d'une extrême violence. Les occitans furent le seul peuple chrétien contre lequel une croisade fût lancée.

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Le personnage de Charles Martel est récurrent dans le mythe national français. En particulier à l'extrême droite, ce personnage est vu comme le « sauveur de la chrétienté » ou le « sauveur de la France », dans une logique de choc des civilisations.

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Le 19 septembre 2019, la majorité du Parlement Européen a approuvé une grave et abjecte résolution qui constitue une partie déplorable de la stratégie de révisionnisme historique de l'Union Européenne.

Ce avec des votes favorables des partis portugais PS, PSD, CDS et PAN (NDT : Pour ce qui nous concerne dans l’État français, EELV, le PS, LREM, LR et le RN ainsi que leurs alliés ont également voté pour cette résolution)

 

Le texte qui vient d'être approuvé promeut les conceptions et falsifications les plus réactionnaires de l'Histoire contemporaine, dans une tentative déplorable d'assimiler le communisme au fascisme, de minimiser et de justifier les crime du nazisme-fascisme et de passer sous silence la responsabilité collusoire des grandes puissances capitalistes – telles que le Royaume-Uni ou la France– qui ont tracé la voie vers le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale dans l’espoir d'envoyer les hordes nazies déferler sur l'URSS, ce qui arriva avec d'immenses coûts humains et matériels pour l'Union Soviétique, à un niveau incomparable avec n'importe quel autre pays.

 
 
Avec le Pacte Molotov-Ribbentrop au centre de cette équivalence honteuse, dans le mépris de son contexte historique, la résolution adoptée par la majorité du Parlement Européen oublie de mentionner comment les grandes puissances capitalistes ont fait preuve de tolérance, de connivence et de soutien vis à vis de la montée du fascisme dans plusieurs pays européens, motivées par leur bataille contre l'idéal communiste et contre les énormes acquis économiques et sociaux des travailleurs et des peuples de l'URSS, qui encourageaient les luttes et les aspirations des travailleurs et des peuples dans toute l'Europe.
 

Ceci explique l'absence de toute référence dans cette résolution à l'Accord Quadripartite du 15 juillet 1933, signé par le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie, qui ont ouvert la porte au réarmement de l'Allemagne ; ou au soutien d'Hitler et de Mussolini à Franco et au coup d’État fasciste qui a mené a la guerre civile espagnole, le régime fasciste victorieux étant reconnu par la France et le Royaume-Uni en février 1939 ; ou la conférence et les accords de Munich signés le 30 septembre 1938 par l'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni, démembrant le territoire tchécoslovaque, occupé en majorité par l'armée nazie, certaines parties étant occupées par la Pologne et la Hongrie. Ou les sabotages des efforts de négociation d'un traité d'assistance mutuelle avec l'URSS par les gouvernements français et britanniques, qui aurait pu éviter une guerre mondiale, encouragés par leur espoir d'une guerre germano-soviétique.

 

La résolution adoptée par la majorité du Parlement Européen non seulement efface de l'Histoire la collusion entre les grands monopoles allemands et Hitler, mais cherche aussi à effacer la contribution décisive des communistes et de l'Union Soviétique à la défaite du nazisme-fascisme et à la libération des peuple du joug colonial après la Seconde Guerre mondiale. Une résolution qui vise également à passer sous silence le rôle des communistes dans la libération des peuples de l'oppression fasciste, comme par exemple au Portugal, ou leur rôle dans l'acquisition de droits démocratiques, politiques, sociaux et culturels pour les travailleurs et les peuples.

 

Cette résolution suppose également un élément dont la gravité ne saurait être ignorée : elle vise à tracer la route vers une persécution et une prohibition généralisée des partis et organisations communistes, et par extension d'autres forces progressistes et de syndicats, comme c'est déjà le cas, avec la complicité de l'OTAN et de l'UE, dans plusieurs États membres – tels que la Lituanie, l'Estonie, la Lettonie, la Pologne, la Hongrie, entre autres – où la réhabilitation et l'éloge historique du fascisme et la glorification des collabos s'accompagne de destructions de monuments à la résistance contre le nazisme-fascisme - y compris des monuments à l'Armée rouge -, de la promotion de la xénophobie et du racisme et de la promotion des forces fascistes.

 

Ce révisionnisme historique s'inscrit dans la continuité des positions précédentes de l'UE. L'UE prétend donner au reste du monde des leçons de « démocratie » et de « droits de l'Homme », mais fait la promotion de régressions civilisationnelles, elle attaque les droits sociaux et du travail, la souveraineté nationale des États membres périphériques et la démocratie. L'UE est un instrument au service du grand capital et des grandes puissances, et développe des tendances répressives (et militaristes) ainsi que des pratiques limitant les droits et libertés fondamentaux. Des politiques qui, comme dans le passé, sont à la racine de la résurgences des forces du fascisme et de l'extrême droite.

 

Les membres du PCP au parlement européen ont dénoncé cette grave tentative de falsification de l'Histoire et cette action anti-communiste et par essence anti-démocratique – une action qui a dépendu du soutien du PS, PSD, CDS et du PAN (NDT : EELV, le PS, LREM, LR et RN dans l’État français) – et ont réaffirmé qu'ils ne permettraient pas l'absolution du fascisme et la criminalisation de l'idéal et du projet communiste.

 

-Communiqué du Parti Communiste Portugais traduit par nos soins.

 

Petits rappels historiques :

 

-Tous les pays européens ont signé des traités avec l'Allemagne nazie

 

-L'URSS a tenté sans succès d'établir une défense collective contre l'Allemagne, avec la France, le Royaume-Uni et la Pologne

 

-Le pacte de non agression entre l'URSS et l'Allemagne avait comme objectif principal pour l'URSS de gagner du temps pour se préparer a se défendre contre l'inévitable attaque nazie.

 

-L'URSS a pu, grâce a la clause secrète du pacte, établir un glacis défensif indispensable à sa défense.

 

-Le projet politique d'Hitler pour l'Europe de l'Est était d'exterminer des dizaines de millions de Slaves et de repeupler le territoire avec des colons allemands.

 

-26,6 millions de citoyens soviétiques sont morts lors de l'invasion nazie, ce chiffre comprenant 8,6 millions de morts militaires, soit 95% des pertes alliées dans le théâtre européen.

 

-L'URSS a du se battre seule pendant 3 ans avant un débarquement allié, cependant à ce moment les hordes nazies étaient déjà en retrait face à la contre attaque soviétique. On peut affirmer qu'à partir du moment où la blitzkrieg nazie fût ralentie et stoppée grâce à la stratégie soviétique de défense en profondeur, bien loin des clichés de « vague humaine », l'Allemagne avait déjà perdu la guerre car sur-étendue et sans pétrole.

 

-L'Armée Rouge a du faire face a plus de 200 divisions allemandes, sans compter les autres pays fascistes. Les autres puissance alliées combinées ont fait face au maximum à une cinquantaine. Il n'y en eu jamais plus de 9 sur le front africain.

 

-80% des pertes allemandes on eu lieu sur le front de l'Est.

 

-Churchill préparait une guerre contre l'URSS dès que l'Allemagne serait vaincue, l'opération Unthinkable. Ce plan ne fût jamais mis à exécution car irréalisable étant donné la supériorité numérique soviétique.

 

Il n'y a que sur le front pacifique que l'on peut admettre que l'effort de guerre américain joua le rôle principal. Cependant, quelques éléments sont a prendre en considération :

 

-Le Japon et l'URSS ont signé un pacte de non-agression pendant la quasi totalité de la guerre. Après avoir subi une grave défaite à la bataille de Khalkhin Gol, le Japon craignait d'entrer en guerre contre les Soviétiques, et ce malgré l'insistance d'Hitler.

 

-Après la déclaration de la guerre entre les États-Unis et le Japon, Hitler déclara la guerre aux Américains dans l'espoir que le Japon lui rendrait la faveur en déclarant la guerre a l'URSS, ce qui se solda par un échec. À l'origine seule la guerre contre le Japon était souhaitée par Roosevelt, mais la déclaration de guerre allemande mènera les États-Unis à se joindre à la guerre en Europe.

 

-Les États-Unis souhaitaient une capitulation sans condition du Japon. L'état major japonais souhaitait négocier quelques conditions à sa capitulation et croyait encore pouvoir le faire en 1945 avec un arbitrage soviétique (l'URSS étant encore neutre).

 

-Trois mois après la victoire en Europe, l'URSS se joignit à l'effort de guerre contre le Japon le 9 août 1945 et libéra la Mandchourie en deux semaines. La disparition de la possibilité de négociation via l'arbitrage soviétique fût un facteur important dans la reddition du Japon. Ce facteur est aujourd'hui minimisé voir oublié par rapport aux bombardements nucléaires, dont le potentiel destructeur en 1945 était pourtant équivalent aux autres campagnes de bombardement américains.

 

 

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Diluns, 06 gener 2020 15:20

La « République » consulaire de Tolosa.

Ce vendredi 10 janvier 2020 à partir de 12h30, sera célébré comme chaque année au Capitole, "les libertés communales de Toulouse" du 6 janvier 1189.

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Diluns, 02 Març 2020 15:16

L'Antifascisme et la Question Occitane.

Des révolutionnaires occitanistes ont présenté ce document lors d'une rencontre visant à créer une coordination antifasciste dans "le Sud". Ce document soulève des questions extrêmement importantes à l'heure où la république  française connait une vague réactionnaire et chauvine sans précédent. La situation catalane pose de nouveau la question des nations dominées dans les pays impérialistes, question qui dans l'état français est une des lignes de démarcations entre le courant révolutionnaire et la réaction. Bonne lecture et réflexion!

Nous vous présentons ce document car nous pensons que la question occitane – et, en vérité, la question des tous les peuples périphériques niés dans leur existence : basque, corse, breton, catalan etc. – est intimement liée à la question révolutionnaire dans l'état français.

Nous interpellons les groupes antifascistes en Occitanie historique parce que de plus en plus de militants antifascistes, si ce n'est des groupes entiers, prennent peu à peu conscience de la question occitane et prennent de plus en plus position. Et en parallèle cette question commence à pénétrer largement la population. 

Nous avons assisté avec les élections présidentielles de 2017 à l'écroulement de la politique politicienne traditionnelle, et à un pas de plus dans la Réaction. Depuis quelques années des constantes très inquiétantes se font jour, notamment l'omniprésence du drapeau tricolore et de l'hymne national, la célébration d'une France universelle, sacrée, éternelle, du génie français, de la grandeur française dans presque tous les rassemblements de droite comme de gauche. Cette élection a pour ainsi dire ressemblé à un concours de celui qui serait le plus chauvin.

C'est une véritable mobilisation chauvine et nationaliste qui s'opère depuis quelques années et qui s'est accélérée avec les attaques djihadistes de 2015 et 2016.

L'idéologie républicaniste mélange un passé fantasmé depuis les Gaulois, en passant par Charlemagne et de Gaulle, confondant nationalité et citoyenneté, amour du drapeau et de la France éternelle, déformant des concepts comme la laïcité ou l'égalité etc. C'est un fourre-tout où tous les courants du spectre politicien bourgeois se retrouvent, de la FI au FN. Il se base sur une concentration de tout dans le centre du pouvoir parisien. Tout y passe, rien ne peut être reconnu en dehors de Paris, et ce cancer va jusqu'à une tentative de nier les accents des classes populaires, de les faire disparaître.

La célébration tricolore est un puissant ferment réactionnaire voire fascisant, central dans le système de contre-insurrection préventive au sein duquel nous vivons et luttons.

Ce virage à droite n'est pas anodin, il s'inscrit dans le contexte mondial de la seconde crise générale du capitalisme, crise qui marque les limites historiques de ce système. L'impérialisme français est depuis 1980/90 rentré en crise profonde, qui s'est amplifiée en 2008. Il est sur la défensive partout, ses prés carrés sont attaqués (dans l'UE face à l'Allemagne et en Afrique face aux US, la Chine et maintenant l'Allemagne aussi). Cette crise ébranle la société et la pousse vers sa décomposition. La bourgeoisie ne se régénère pas idéologiquement, n'ayant plus d'adversaire conséquent depuis le repli (momentané) du mouvement communiste. L'antifascisme ne peut donc, en 2017, être réduit à la seule la lutte contre le fascisme (notion d'ailleurs pas exactement et clairement définie pour le moment). Nous pensons que l'antifascisme a besoin de se concevoir comme un ciment mobilisateur autour d'un projet révolutionnaire de rupture idéologique et pratique.

Dans l'État français, le mouvement révolutionnaire anarchiste et communiste a historiquement alterné entre miroir de l'idéologie bourgeoise et rupture avec celle-ci. Mais il n'y a jamais eu de rupture franche et définitive avec le modèle idéologique bourgeois français. Nous n'avons pas eu de grand théoricien politique qui a analysé le sujet France, comme par exemple Gramsci en Italie.

Nous pensons que la révolution se construit sur des bases matérielles, que chaque société humaine à ses propres réalités matérielles et culturelles, les unes et les autres étant liées. Nous ne pouvons pas rompre avec le système bourgeois français par pur idéalisme, il faut s'appuyer sur les réalités matérielles.

L'État français ne déroge pas à cela. Il n'est pas le même que l'Allemagne, ni que l'Italie ou la Grèce. Les structures économiques, sociales, l'histoire révolutionnaire et populaire, les mentalités, la culture font que les problématiques sont différentes et ne peuvent pas être posée de la même façon.

La longue formation de l'État français durant la monarchie puis après la Révolution bourgeoise a pétri notre façon de penser. Non, La France n'a pas de « frontières naturelles » (la seule véritable est entre le nord et le sud au niveau climatique...). Elle est une construction politique-militaire arbitraire et violente qui s'est basée sur la conquête suivie de la tentative d'assimilation de nations voisines, et non le résultat d'un long processus naturel.

Il n'y a jamais eu de Francs qui ont vécu en Occitanie. Quand ils sont venus c'était avec Charles Martel pour piller et raser nos villes, et les ancêtres des Occitans ont préféré les musulmans d'Andalousie et d'Afrique du Nord, comme alliés plus civilisés, que les Francs.

C'est pour cela qu'il est si nécessaire de nous rappeler, au quotidien, haut et fort que le tricolore est notre drapeau, qu'il n'y a « qu'un » peuple (« français »), qu'une nation, qu'une même histoire sous forme d'un roman national (invention idéologique pure et simple), une seule langue en Hexagone etc.

Au-delà du simple fait que la société capitaliste soit divisée en classes antagonistes, l'État français, à la différence de l'État allemand par exemple, a une autre ligne de démarcation révolutionnaire : entre le centre et les périphéries, entre le coeur de l'État français et les peuples périphérisés.

Cette question entre le centre et les périphéries, entre le coeur de l'État autour du bassin francilien et les nationalités minorisées périphériques, est fondamentale. Fondamentale car si elle bien comprise, elle va permettre d'ébranler l'État bourgeois dans ses bases mêmes, les plus profondes, et de l'affaiblir considérablement.

C'est parce qu'elle a soumis le peuple d'Occitània, écrasé sa civilisation et surtout son pouvoir politique (et que la bourgeoisie occitane n'a pas pu se constituer en bourgeoisie nationale), que la France telle que nous la connaissons existe.

C'est la soumission d'une nation en formation, l'occitane, par une autre – la française – qui a permis de voir le jour à l'État dénommé « France » que nous connaissons : « la France » ne désignant à cette époque qu'une région aux contours mal définis autour de Paris, le roi n'étant roi ni « de France » ni d'une fantasmagorique « Francie occidentale » inventée par les historiens modernes, mais « des Francs de l'Ouest » (regnum francorum occidentalis), et ne commençant à s'intituler « roi de France », justement, qu'après notre conquête.

C'est ce cadre politique qui a permis au capitalisme français de se former et à son impérialisme de se développer plus tard. C'est sur ce gigantesque vol et sur cette terrible aliénation que repose tout le cadre politique, économique et idéologique qui nous soumet.

L'Occitanie n'existe pas seulement parce qu'il y a une culture occitane, une langue historique niée et en cours de disparition, ni parce que nous avons une histoire propre, un accent ou le francitan ou même un début de conscience (avec le vote pour le nom de la région). Non, elle existe parce qu'il y a une réalité matérielle occitane.

Une réalité matérielle basée sur des constantes sur tout le territoire (même si il y a des disparités régionales en Occitanie qu'il nous faut étudier sérieusement) et qui sont différentes de la France stricto-sensu. En voici quelques exemples :

  • Société peu industrialisée et en désindustrialisation depuis 1980 et encore plus depuis 2008.
  • Domination de la petite et moyenne propriété agricole à faible revenu. L'ancienne région Midi-Pyrénées a une population active agricole de 10%.
  • Taux de natalité faible par rapport à la France stricto-sensu (l'Occitanie ressemble en cela aux pays d'Europe du Sud), donc population vieillissante.
  • Territoire faiblement peuplé, même avec les métropoles en croissance.
  • Taux de chômage/pauvreté extrêmement important sur la façade méditerranéenne et l'axe de la Garonne, agriculture maraîchère et viticole en crise.
  • Pression migratoire du Nord sur le Sud de l'État (de classe généralement bourgeoise ou petite-bourgeoise) extrêmement forte et qui accentue tous les déséquilibres ci-dessus. Zones littorales extrêmement sous pression (avec l'industrie touristique).
  • zone de touristique et maison de retraite de l'Europe du Nord.
  • Sociologie électorale particulière, tranchant nettement avec la moitié Nord, avec un fort vote pour la « gauche de la gauche » même dans les zones ou le FN est très fort (Provence et Languedoc maritime, ou encore axe de la Garonne), et en fait un net rejet de celui-ci sur environ 80% du territoire même si les 20% restants sont au contraire (hélas) là où il est le plus fort de tout l'Hexagone.

Donnons un exemple concret d'analyse scientifique d'une question. Les très hauts scores du FN dans le Languedoc par exemple : zone désindustrialisée depuis le milieu du XIXe siècle, une monoculture (vignoble) en crise, une économie ne dépendant pour ainsi dire que du tourisme et de la construction civile avec arrivée massive de Français du Nord (+14 % de population entre 1999 et 2030 : héliotropisme, emploi tertiaire ou dans les technologie de pointe etc.), une faible natalité des autochtones, et donc une pression sur les prix fonciers et les loyers avec un très fort taux de chômage (moyenne de 15%) => tout ceci entraînant un immense sentiment de dépossession.

Peut-on comprendre cela dans les états-majors parisiens de n'importe quelle organisation, parti politique ou syndicat ? Non, bien sûr que non. Il n'y a pas de mouvement révolutionnaire, pour l'instant, qui empoigne avec force et courage ces problématiques. Alors, nous assistons à une mauvaise réponse des classes populaires : la réponse que leur fournit le parti de l'« extrême-France », le Front National de Marine Le Pen. Car la nature a horreur du vide.

Nous avons commencé à organiser un chantier sur cette réalité matérielle occitane. Nos travaux n'en sont qu'à leurs balbutiements.

Du fait de toutes ces réalités matérielles, l'Occitanie ce n'est pas la France.

Derrière cette question se posent de graves problématiques. Elles peuvent très bien conduire vers la révolution, comme elles peuvent aussi conduire au fascisme si une réponse révolutionnaire ne leur est pas apportée de manière crédible.

Si nous, révolutionnaires, nous voulons la révolution, il nous faut abattre l'État français en extirpant ses racines les plus profondes. L'Occitanie est au coeur de sa contradiction historique ; elle en est de fait, littéralement, ce que Gramsci appelait en Italie la QUESTION MÉRIDIONALE.

Du fait de la proximité géographique (grands ports d'arrivée, historiquement), la question des classes populaires arabo-musulmanes est venue se superposer à cela dans l'histoire récente.

Ces deux questions se rejoignent totalement sur le fond. Les Occitans ont été niés avant les populations maghrébines et africaines mais selon le même schéma (conquête, soumission, liquidation des élites rebelles et captation des autres, exploitation des travailleur-euse-s, répression), un même processus mais plus ancien – mais qui se poursuit cependant sur le front culturel (seulement 8 000 enfant qui apprennent l'occitan en bilingue ou en immersif pour ne citer que cela, et 50 000 en initiation, rappelons que pour sauver une langue il faut environ 40% d'une population qui la parle).

Bien entendu, le racisme que subissent les arabo-musulmans n'a pas de commune mesure avec l'oppression nationale anti-occitane qui perdure de manière diffuse (moins forte... à moins que ce ne soit moins assumée et visible qu'au début du XXe siècle) ; les deux se rejoignant cependant parfois, surtout au niveau de l'accent : les populations d'origine maghrébine sont en effet souvent en Occitanie les garantes de l'accent occitan en voie de disparition. L'accent « banlieue » de chez nous consiste en un accent occitan très marqué, et c'est sur celui-ci que va s'opérer la discrimination sociale, sur le marché de l'emploi notamment ; pour occuper des postes de responsabilité et bien payés il est  vivement « conseillé » de « neutraliser » sa façon de parler, à moins qu'elle ne soit déjà assez neutre à la base...

Partout dans les États européens où existent des questions de nationalités minorisées, les révolutionnaires anticapitalistes et antifascistes les prennent en compte, et la plupart en font un de leurs étendards – il suffit, tout près d'ici, de regarder vers l'État voisin espagnol.

Il n'y a que dans l'État français que les révolutionnaires anarchistes comme marxistes (sur cette question il y a une unité incroyable !) peuvent faire comme si cela n'existait pas, ou dire qu'ils n'ont pas de position, ou que cela divise la classe ouvrière et tout un tas de sottises qui démontrent le degré d'arriération de certaines organisations et personnes révolutionnaires.

Tout cela ne montre en fait que la soumission à l'idéologie bourgeoise dominante. Le mouvement révolutionnaire français est depuis sa naissance pétri par les relents mythologiques de la révolution bourgeoise de 1789.

Mais les lignes sont en train de bouger, difficile de le nier quand 30.000 personnes manifestent pour la langue à Tolosa, ou quand des milliers votent pour le nom Occitanie pour la nouvelle région occitane centrale (ex Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées).

Au lieu d'être à la pointe, le mouvement révolutionnaire est en réalité à la TRAÎNE de la conscience populaire, et par cette arriération participe au maintien du carcan idéologique bourgeois français et repousse l'avancée de la révolution sociale. Marx disait que la classe ouvrière anglaise ne pourrait pas accéder au socialisme sans la libération de l'Irlande : la même chose est valable pour l'Occitanie. Notre combat n'est pas « nationaliste » : il se situe dans une lutte pour la libération révolutionnaire des peuples. Il ne peut en être autrement, surtout qu'en Occitanie la bourgeoisie (celle qui, du moins, n'a pas péri en résistant) a trahi son peuple depuis longtemps et fusionné dans l'une et indivisible (pour le coup) bourgeoisie française.

Michelet, l'un des fondateurs du roman national français avec Lavisse au XIXe siècle, nous rappelait à son époque que Tolosa était française par sa bourgeoisie mais que le peuple était « toute autre chose, peut être espagnol ou maure » – en réalité, il était simplement occitan : les classes populaires n'utilisaient pas le français jusqu'à récemment. Et les exemples de ce type sont légion, alternant entre mépris confinant au racisme, caricatures et autres ; dans le registre le plus violent se trouvant sous la plume du fasciste Louis-Ferdinand Céline pendant la dernière guerre mondiale, chez certains fonctionnaires français lors des grandes luttes des années 1970 et perdure aujourd’hui.

Nous sommes donc une nationalité POPULAIRE : les frontières d'Occitània ce ne sont pas seulement les contours historiques de la langue occitane, mais c'est AUSSI, sur ce territoire lui-même, la frontière entre classes dominantes et dominées.

L'oppresseur, l'ennemi, le « colon » si l'on veut se risquer à cette analogie, ce n'est pas le travailleur d'en-dehors de ce territoire historique (ou qui en viendrait pour travailler ici), de Paris ou d'Orléans et encore moins de Bretagne ou d'Alsace, de Lorraine ou du Nord ou de Savoie – « français » depuis encore moins longtemps (voire BIEN moins longtemps) que nous ; et bien sûr certainement pas (comme voudraient nous le faire croire certains, les identitaires pour parler clair) l'immigré maghrébin ou africain musulman. L'ennemi, l'oppresseur, le « colon » c'est le BOURGEOIS, grand, moyen ou insupportable petit, de cet en-dehors... mais aussi D'ICI, 100% d'ici, « français » parce que si vous lui demandez, il y a peu de chances qu'il se définisse autrement (à moins de tomber sur un très rusé Roudier ou Vardon : c'est un autre problème que nous devons affronter également).

Et qu'on se le dise : un gros accent sonore à couper au couteau, à la façon d'un Jean- Claude Gaudin ou du défunt Georges Frêche ; accent qui parfois disparaît comme par enchantement sur les plateaux télé nationaux comme avec une certaine Carlotti ; n'y change strictement rien – nos capacités intellectuelles sont un peu plus élevées que cela, tout de même.

Il y a certes aussi, bien sûr, beaucoup (et même une majorité, hélas) de travailleurs d'ici qui se définiront également comme « français », après presque 200 ans à leur bourrer le crâne avec ça, mais c'est là aussi un autre problème qui relève du travail politique que nous menons.

Nous pensons que les antifascistes du « Sud », autrement dit d'Occitanie, doivent commencer à sérieusement étudier cette question. C'est à dire pas comme un sujet à « traiter » (pour s'en débarrasser) à la va-vite, mais bien en partant du postulat que l'ignorance est salutaire... s'il y est remédié de manière juste. Donc comme un sujet fondamental, au fondement même du système que nous combattons et voulons abattre, pour toutes les raisons que venons d'exposer.

Nous pensons, pour notre part, qu'il est temps que les mouvements antifascistes en Occitanie se saisissent du flambeau de l'Occitanie révolutionnaire. Qu'ils soutiennent les droits démocratiques minimum de l'officialisation de la langue occitane et de l'autodétermination ; en les liant (car c'est lié) à l'oppression économique que subissent les populations (quartiers de Marseille ou Toulouse, coins de l'Aude ou d'ailleurs parmi les plus pauvres de « France », etc.).

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Divendres, 27 Septembre 2019 14:32

Dia de l’independéncia deu Bearn, 25 sept.

Le FPRO - Front Popular per la Republica Occitana a déployé une banderole : "Un Bearn libre dens un ua Occitània independenta", à Orthez sur la tour Moncade (33m), pour fêter ce 25 septembre : jour de l'indépendance du Béarn.  Cet acte politique prépare les 400 ans de l'annexion du Béarn, en 2020, que le FPRO souhaite politiser. A cette occasion, le "Se canta" a été chanté autour d'un petit jurançon.

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