Si ce week end les Gascons et les Gasconnes défendaient l’occitan dans les rues de différentes villes du pays, ils étaient nombreux.euses à marcher depuis Auloron (Bearn), Banhèras (Bigòrra), Sent Girons (Arièja) et Aspet (Comenges) jusqu’à Lanamesa (Bigòrra) ce dimanche 11 octobre.

Cette marche à l’appel du collectif « Touche pas à ma forêt » rassemblait des syndicats et travailleurs.euses de la filière bois pyrénéenne, militants communistes, écologistes, occitanistes, Gilets jaunes, syndicat paysan,… Objectif : manifester contre le grand projet capitaliste, absurde et destructeur, d’implantation d’une méga-scierie à Lanamesa par le groupe FLORIAN.

Des politiques hypnotisés

Cette multinationale italienne s’appuie sur le soutien de la vieille classe politique locale (Communauté des Communes Plateau de Lannemezan) à qui l’on a probablement vendu des emplois et des retombées économiques intéressantes mais qui s’avère être un projet désastreux pour une bonne partie de la chaîne pyrénéenne. La CCPL sur son site avance fièrement les ressources privées et publiques en bois de sa propre zone d’influence à savoir 43 forêts publiques, 2182 propriétaires forestiers pour près de 2 000 hectares de hêtres.

Le hêtre c’est ce qui intéresse FLORIAN GROUP, un des leader mondial spécialisé dans la transformation du bois pour vendre planches, tables, pièces d’escalier et bois de chauffage.

Or l’appétit de ce groupe en terme de quantité est colossal comme l’indique le collectif « Touche pas à ma forêt » car on parle du triple de l’exploitation forestière actuelle avec entre 400 000 à 540 000m3 d’arbres abattus par an. C’est la mort assurée d’une partie de la filière. Des petites exploitations qui, comme à chaque fois, n’auront pas les moyens de concurrencer cette multinationale qui pourrait créer, elle, 25 emplois salariés seulement....

Le projet de Florian c’est aussi des milliers de passages de camions supplémentaires à travers le pays. Enfin, le projet induit un ciblage très restreint des essences pour les besoins de la production ce qui rend le projet absurde sur le plan environnemental. La biodiversité en prendrait donc un grand coup, la qualité de l’air aussi avec la création d’une « centrale Cogénération Biomasse » (on brûle des plantes pour faire de l’électricité et de la chaleur) qui nécessiterait 30 000 tonnes de bois pour produire 2,5MW d’électricité et 7MW de chaleur. On comprend donc pourquoi l’opposition au projet rassemble autant.

On vient, on pille et on s’en va.

Avec l’expérience du XXe siècle et de ce début de millénaire, on pense déjà à l’après du côté du collectif. En effet, le projet représente une « industrialisation intensive à court terme » (15 ans). Le temps de vider les hêtraies de Gascogne puis le groupe ira prospecter et déboiser ailleurs. Entre temps, il aura bénéficié d’aides publiques substantielles qu’il ne remboursera jamais. Cela renforce un peu plus le sentiment de dépossession, pour ne pas dire de pillage, des terres et ressources des Pyrénées. Ces montagnes, ce piémont et ses habitants qu’on ne fait apparaître dans les médias que pour parler de l’ours doivent maintenant étendre leur champ d’action et rallier toute la population à leur cause pour combattre et vaincre le projet de Méga-scierie.

Segon l’arreproèr « Tronc acotat torna hà bòs » (à l’arbre écimé repoussent les branches, les ressources se renouvellent) mes aquiu que convien de díser « seuva copada, mòrt assegurada ».

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