Ce samedi 24 octobre 2020, 600 personnes se sont rassemblées devant la prison de Lanamesa pour demander la libération de Georges Ibrahim Abdallah, plus vieux  prisonnier politique d'Europe.

Georges Ibrahim Abdallah est un militant révolutionnaire communiste Libanais, défenseur de la cause palestinienne et co-fondateur de la FARL - Fraction armée révolutionnaire libanaise, il est détenu à tort en France depuis 37 ans, pour des actes qu'il a toujours nié, il est le plus vieux prisonnier politique de l'Etat français et d'Europe.

Nous vous présentons une chronologie de ces 36 années de détention et en suivant la lettre écrite par Georges suite au rassemblement de ce samedi 24 octobre.

 

1984 : Il est arrêté pour détention de vrai-faux papiers algérien et détention d’armes.

1985 : Des armes sont retrouvées dans une des planques des FARL en France ayant servies en 1982 pour l’assassinat d’un attaché militaire de l’ambassade des Etats-Unis, Charles. R. Ray, et un secrétaire de l’ambassade d’Israël travaillant pour les services secrets israéliens, Yacov Barsimentov.

1986 : Georges Ibrahim Abdallah est condamné dans un premier temps à quatre ans de prison, pour détention d'armes et de faux papiers.

1987 : La justice le condamnera a perpétuité pour complicité d'assassinat, bien que le procureur général n’ait requis qu’une peine de dix ans d’emprisonnement

Georges Abdallah déclare : « Si le peuple ne m’a pas confié l’honneur de participer à ces actions anti-impérialistes que vous m’attribuez, au moins j’ai l’honneur d’en être accusé par votre cour et de défendre leur légitimité face à la criminelle légitimité des bourreaux.

Georges Ibrahim Abdallah nie les accusations qui lui sont reprochés.

 

De nombreuses demandent de libérations suivront.

 

1999 : Georges ibrahim Abdallah continue son engagement politique et revolutionnaire en prison, il continue à défendre la cause des peuples opprimés. Il adhère à la Plate-forme du 19 juin 1999 qui réunit dans une communauté de lutte une centaine de prisonniers révolutionnaires, communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes, et il participe aux grèves de la faim de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires en Turquie.

2002 : En solidarité avec les prisonnières palestiniennes détenues à Neve Tirza, en grève de la faim pour dénoncer les humiliations quotidiennes dont elles font l’objet dans les geôles sionistes, Georges Ibrahim Abdallah et plusieurs dizaines de prisonniers détenus à Moulins refusent le repas de l’administration pénitentiaire.

2003 :  La juridiction régionale de libération conditionnelle de Pau autorisait sa libération. Sur ordre de Dominique Perben, Ministre de la justice, le procureur général de Pau fait appel de cette décision.

2004 : La juridiction nationale de libération conditionnelle rend son verdict le 15 janvier 2004, décidant le maintien en prison de Georges Abdallah.

 

2005 : il présente une nouvelle demande de libération conditionnelle, en février 2005. Le Tribunal de Grande Instance de Tarbes, présidé par le même juge qui avait statué positivement à la première demande de libération en 2003, rejette cette nouvelle demande en septembre 2005.

2006 : L’appel de cette décision, introduit par Georges en septembre 2005, est rejeté en février 2006.

Le déroulement de l’examen de sa dernière demande de libération conditionnelle, qui aura duré deux ans et trois mois, est une illustration de l’acharnement judiciaire pour raison politique contre Georges Abdallah.

 

2007 : Le 6 février 2007, Georges Ibrahim Abdallah dépose une nouvelle demande de libération conditionnelle. Après deux reports de date cette demande de libération est refusée en octobre 2007. L’un des motifs évoqués est que Georges Abdallah continue d’être, selon la DST, « une menace pour la sécurité » de la France et que « ses convictions anti-impérialistes et anti- israéliennes sont restées intactes ». Georges Abdallah fait appel.

 

2008 : En décembre 2007 a lieu l’examen en appel de la demande. La décision annoncée une première fois pour janvier 2008 est reportée en avril 2008. Entre-temps la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté entre en application. En avril 2008, la justice décide d’appliquer rétroactivement la nouvelle loi et envoie, en août 2008, Georges Abdallah au Centre national d’observation de Fresnes pour une période de six semaines à l’issue de laquelle une commission pluridisciplinaire devra donner son avis. En décembre 2008, il est notifié à Georges Abdallah que son dossier sera étudié le 22 janvier 2009.

 

2009 :  Le 8 janvier 2009 l’audience est de nouveau reportée au 26 mars 2009.

Peu de temps avant l’audience, la commission pluridisciplinaire rend son avis, défavorable, au motif que Georges Abdallah « a des convictions politiques intactes et très solides ». Le 26 mars, la chambre de l’application des peines de la cour d’appel de Paris a finalement réexaminé la demande de Georges Abdallah et a mis en délibéré sa décision au 5 mai 2009.

Le 23 avril 2009, le ministre libanais de la justice, Ibrahim Najjar remet à son homologue française, Rachida Dati, en visite officielle au Liban, un dossier sur Georges Ibrahim Abdallah.

Et les péripéties judiciaires continuent. Le 1 décembre 2009, Georges Abdallah est convoqué à comparaitre devant le tribunal de Tarbes pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement de son ADN à Lannemezan en 2008. Au cours de ce procès des plus expéditifs, Georges rappelle que ce prélèvement biologique avait déjà été effectué en 2003. Verdict : trois mois d’emprisonnement. Georges fera appel.

2010 :  Le , il est finalement relaxé par la cour d'appel de Pau.

 Huitième demande de libération rejetée.  En , le Premier ministre libanais Najib Mikati en visite à Paris demande aux autorités française la libération de ce compatriote qu'il qualifie de « prisonnier politique ». Le , le tribunal d'application des peines compétent en matière de terrorisme prononçait un avis favorable à la demande de libération de Georges Abdallah.

La demande étudiée par la chambre d’application des peines en matière de terrorisme est pourtant accordée, sous condition d’expulser du territoire français le prisonnier libanais.

2013 : C’est cette fois Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères qui reçoit un coup de file de son homologue américaine, Hillary Clinton, lui demandant de ne pas libérer Georges Abdallah. Manuel Valls alors ministre de l’intérieur refuse de signer l’arrêté d’expulsion le 14 janvier 2013. La détention du militant est alors prolongé suite à l’annulation de la décision de libération par la cour de cassation en avril 2013, prenant le dossier comme irrecevable.

La décision de libération est annulée en  par la Cour de cassation, car Georges Ibrahim Abdallah « ne pouvait se voir accorder une libération conditionnelle sans avoir été obligatoirement préalablement soumis, à titre probatoire, à une mesure de semi-liberté ou de placement sous surveillance électronique pendant une période d'un an au moins. »

Jacques Vergès, en produisant des documents du département d’État, dénonce : « C’est le gouvernement des États-Unis qui oppose un veto intolérable à sa libération. »

2015 : Le , le tribunal d'application des peines rejette une nouvelle demande de libération, décision confirmée en appel le , sous les motifs que Ibrahim Abdallah ne faisait pas l'objet d'un arrêté d'expulsion, ne regrettait pas les actes pour lesquels il avait été condamné, n'avait pas indemnisé les ayants droit des victimes.

 

2018 : Récemment Emmanuel Macron avait fait preuve de son célèbre mépris en niant l’existence d’Abdallah, le 1er janvier 2018, lors de sa visite officielle à Tunis au cours de laquelle des manifestants avaient crié « Libérez Abdallah ! ». Macron a affirmé devant les manifestants et médias ne pas connaître George Abdallah.


 source : CLGIA

 

Georges Ibrahim Abdhallah est libérable depuis 1999, soit 21 ans qu'il devrait être dehors. 

 

 

 

 

 Lettre de Georges Ibrahim Abdallah après le rassemblement du samedi 24 octobre 2020 :

 

"Cher·e·s Camarades, cher·e·s Ami·e·s,

À l’aube de cette 37e année de captivité, vous voici rassemblé·e·s de nouveau à quelques mètres de ces abominables murs ! Quelle émotion et quel enthousiasme à vous savoir si près, par ce temps de pandémie, de confinement et de couvre-feu ! Cette mobilisation solidaire dans la diversité de votre engagement, m’apporte aujourd’hui beaucoup de force et me fait chaud au cœur. En effet, loin de passer inaperçue, cette présence solidaire ne laisse personne ici indifférent ; elle suscite derrière ces murs une ambiance toute particulière d’éveil, d’enthousiasme et d’humanité. L’écho de vos slogans passe outre ces barbelés et autres miradors, il résonne dans nos têtes et nous transporte loin de ces sinistres lieux.

Camarades, après tant d’années de captivité, et autant d’années de mobilisation solidaire, nous voici toujours ensemble, résolument debout, avec une détermination à toute épreuve, face à cette 37e année qui s’annonce déjà pleine de luttes et d’espoirs.

Certainement vous n’êtes pas sans savoir Camarades, que c’est aussi grâce à ces diverses initiatives solidaires que l’on peut tenir debout dans ces sinistres lieux. Des années, de très longues années de captivité me confortent dans la conviction que face à la politique d’anéantissement dont font l’objet les protagonistes révolutionnaires incarcérés, c’est toujours dans la mobilisation solidaire assumée sur le terrain de la lutte anticapitaliste/anti-impérialiste que l’on peut apporter le soutien le plus significatif à nos camarades embastillés, et fortifier ainsi leur résistance.

Camarades, par ces temps de crise, force est de constater que les tenants du pouvoir du capital cherchent par tous les moyens à détourner l’attention des masses populaires des véritables questions posées par la crise générale qui ébranle les piliers du système. Dans cette période de pandémie rien ne doit faire oublier que l’on mène le combat contre le Covid 19 dans le cadre du capitalisme, sous le règne de la bourgeoisie, de la valeur et du profit. Nous savons tous Camarades que ce combat ne suspend pas la lutte de classes, il tente de la dissimuler avec des mots de circonstance…

Il faut comprendre que ceux et celles qui critiquent la gestion de cette « crise sanitaire «, sans combattre la domination de classe qui l’inspire, en obscurcissent la compréhension. Il faut dire que les propagandistes du système font toujours le nécessaire pour dévoyer la colère des masses populaires surtout dans les périodes de crises. Les travailleurs, même les moins politisés, connaissent à quel point le système hospitalier paye aujourd’hui ici en France et encore beaucoup plus ailleurs peut-être, la mainmise de la finance sur les hôpitaux.

Camarades, comme vous voyez, la crise du système s’est propagée un peu partout bien avant la pandémie et s’aggravera encore plus pendant et après. Pas besoin d’être expert pour constater qu’ils font tout pour faire supporter aux masses populaires le poids de cette crise, jetant dans la misère des millions d’hommes et de femmes.

D’un pays à l’autre, les mesures préconisées au service du capital sont presque toujours identiques : faire supporter aux travailleurs les frais d’entretien de leur système d’exploitation moribond. Force est de constater Camarades, que ces mesures ne font qu’amplifier l’étendue des sinistres et accentuer encore plus la dynamique de la crise.

Camarades, pour aller de l’avant dans la construction de l’alternative révolutionnaire appropriée, la convergence des luttes est plus qu’indispensable. Le bloc historique des travailleurs se construit et se structure dans la dynamique globale de la lutte dans toutes ses composantes. Ce n’est qu’ensemble, et ensemble seulement que les prolétaires et les diverses composantes des masses populaires de ce pays peuvent endiguer et conjurer la montée en puissance de tous les processus de fascisation en cours. Encourageons, toujours plus Camarades les divers processus de convergence des luttes aussi bien au niveau local qu’au niveau régional et à plus forte raison au niveau international.

Comme vous voyez Camarades, la bourgeoisie arabe, dans sa plus grande majorité, affiche dorénavant sans fard son alignement dans le camp de l’ennemi. Ce qui ne manque pas d’un côté de peser sur la lutte des masses populaires palestiniennes et de l’autre côté d’affirmer la place particulière de la cause palestinienne en tant qu’un des principaux leviers de la révolution arabe. La Résistance palestinienne a et aura à affronter le bloc réactionnaire arabo-sioniste dirigé par les puissance impérialistes.

La Palestine au quotidien nous donne à nous tous des leçons d’abnégation et de courage d’une exceptionnelle portée. Plus que jamais les masses populaires palestiniennes, en dépit de toutes les traitrises de la bourgeoisie, assument le rôle de véritable garant de la défense des intérêts du peuple. Face à l’occupation et à la barbarie de l’occupant, la première réponse légitime que l’on doit afficher avant tout autre chose est la solidarité, toute la solidarité, avec ceux et celles qui par leur sang font face à la soldatesque de l’occupation.

Les conditions de détention dans les geôles sionistes ne cessent de s’empirer de jour en jour, et comme vous le savez Camarades, pour y faire face, la solidarité internationale s’avère une arme indispensable. Tout naturellement les masses populaires palestiniennes et leurs avant-gardes révolutionnaires peuvent toujours compter sur votre mobilisation et votre solidarité active.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la Palestine et de sa prometteuse Résistance !
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des Fleurs et des Lionceaux palestiniens !
La solidarité, toute la solidarité avec les résistants dans les geôles sionistes et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie, en Grèce, aux Philippines et ailleurs de par le monde !
La solidarité, toute la solidarité avec les jeunes prolétaires des quartiers populaires !
La solidarité, toute la solidarité avec les prolétaires en lutte !
La solidarité, toute la solidarité avec les masses populaires yéménites !
Honneur aux Martyrs et aux masses populaires en lutte !
A bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !
Le capitalisme n’est plus que barbarie, honneur à tous ceux et toutes celles qui s’y opposent dans la diversité de leurs expressions !
Ensemble Camarades et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !

À vous tous Camarades et Ami·e·s mes salutations révolutionnaires

Votre Camarade Georges Abdallah"

 

 

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